Aller au contenu principal

Bulloterie(s)

Aux rencontres des Communes imaginées à la Guette l’été dernier, un outil sympa a été partagé pour contribuer à préparer la Suite du monde : les bulloteries. C’est très facile d’accès, possiblement utile et joyeusement autogéré (ou plutôt cogéré après facilitation qui pose le cadre : trouver le bon mur ou le juste événement…)

Le principe est simple : plutôt que de faire grimper nos compétences aux arbres, on les partage dans des cases rondes comme l’Afrique, avec différents codes possibles (couleurs et formes, plaisir et disponibilité, expertise, bénévolat ou bienviolence…) et différents agencements pratiques pour s’y retrouver (listing papier ou sur ordi, cartes de visites, hyperliens…) Je mets la photo en dessous : avec ces éléments-là je pense que tu peux y arriver et l’ajuster à tes besoins, mais si tu as des questions sur l’outil c’est bienvenu en commentaire.

Ainsi sur le mur de notre collectif, on peut en deux temps trois mouvements appeler quelqu’un-e qui s’y connaît bien en plomberie pour pouvoir rebrancher rapidement ce p… de robinet d’eau, ou après la fin de la rencontre on peut recontacter les personnes qui sont intéressées par la botanique pour leur proposer une balade en nature. Ouaais ! Haut les cœurs et les jambes (^;

bulloterie

Justice restaurative #1 / Critikréso #2

Pour qui l’a éprouvée, la justice restaurative peut apparaître comme l’innovation majeure qui viendra recycler tous nos anciens systèmes de régulation policiers et judiciaires. Une telle vision peut sembler utopique… et elle l’est ! Mais les utopies offrent des horizons. L’île de Thomas More1 n’est pas perdue au fond d’un océan, elle émerge en archipel sur nos terres fermes quand les consciences y sont prêtes : et qui sait à quel rythme peuvent changer les consciences ?

Dominic Barter, à l’initiative de cette approche, est lui aussi convivialiste et il est facile d’enrichir, en cherchant sur internet, les éléments sommaires que j’en présente ici2. Les principes de base des systèmes restauratifs sont lisibles en résumé dans ce petit tableau page (un peu binaire sans doute et cavalier vis-à-vis des efforts entrepris par les diverses personnes qui contribuent à notre vieux système judiciaire, mais qui donne tout de même bien les directions).

Système Punitif

Système Restauratif

Origine Acte commis par un individu.
Agresseur / victime.
Acte réalisé par une personne qui fait partie d’une communauté.
Auteur / récepteur.
Stratégie Inculpation, accusation et système de défense (voire déni). Expression mutuelle et prises de responsabilités.
Levier Peur. Volonté de contribuer.
Mise en œuvre Sanction, application de la peine.

Exclusion (au mieux réparation ayant un lien indirect avec l’origine).

Projet d’action.

Remise en lien.

Résultat Cercle vicieux : récidive,
prise de conscience limitée,
méfiance et escalade de violence.
Cercle vertueux : évolution,
prise de conscience aboutie et partagée,
confiance et diminution des tensions.

L’approche restaurative nourrit les besoins de sécurité et de justice auxquels aspire aussi la justice punitive, mais leur associe les besoins de compréhension, de paix et de sens plus vaste, en cohérence avec un système socioculturel lui-même juste et bienveillant. Lire la Suite

Tensions des collectifs

Cet article a donné lieu à des échanges au sein des réseaux d’intelligence collective qui m’ont amené à faire évoluer ma compréhension des choses. Je crois être tombé ici dans l’erreur pré-trans… j’améliorerai donc ce document dans une prochaine publication sur le sujet !

J’ai composé le document-là pour une réunion du collectif de l’Aronde, pour nous aider à y voir clair. Il me semble qu’il peut être utile, même si toutes les catégories sont toujours discutables… en particulier, pour nous aider à ne pas vouloir traiter tout en même temps / collectivement / maintenant tout de suite / sans les processus adéquats / etc.

les tensions du collectif

Lire la Suite

Soutenables lourdeurs de nos êtres

Dans la nomenclature de Nama-S (cf la p.2 surtout du doc-là sur les états de l’être et pp. 36-47 du traité qui l’explicitent), une impression est bien distincte d’un ressenti ou d’un sentiment en cela que la dimension émotionnelle n’y apparaît pas… consciemment.
Mais à l’évidence, dans tous les états de l’être la dimension émotionnelle joue. Le cœur est toujours là, même si on ne le sent pas (battre ou bondir, se serrer, s’ouvrir…)

Une impression ainsi est faite d’abord d’éléments physiques et mentaux. Typiquement, la lourdeur et la légèreté – le sujet de cet article – ce sont en général des impressions.
Alors voyons : si je te trouves lourd-e, en fait… pourquoi, d’où vient ? Où est-ce que ça se passe dans mon corps, comment ça s’opère dans ma tête ? Tu aimerais plus de légèreté parfois dans telle relation, et moi aussi… alors, que cherchons-nous là, en fait ?
Et surtout comment se fait-il que les besoins de conscience, de précision et d’efficacité que certain-e-s ont tendance à prioriser parfois au dépens de la qualité des connexions – et maladroitement peut-être, sinon brutalement même – comment se fait-il que tout cela… pèse si lourd !?

Lire la Suite

Faisant chemin : 1

Mon second pieux voyage est tout juste accompli,
et bouclé son premier poème :
tandis qu’en entier je le publie dans la page « jeu / poésie »,

j’en partage ici dans l’article une crème.

***

 

Entre l’orage et l’orange,
il n’y a pas de haine.
L’un te déménage,
l’autre tu la manges (…)

 

***

Tout est chemin et le manque qui me tord les reins bénit mes pieds.
Mais c’est de l’or en ligne de mire : est-il encore temps de dormir ?

Est-ce bonheur de se réveiller ?

 

***

Y*
si je t’embrasse sur les yeux,
ma sœur,
mon cœur
s’ouvre comme eux.

* O porte aussi,
qui se franchit d’un bon pas.

***

Trois cerises parfois suffisent
pour la faim ou le pardon.

***

Quand j’appelle la vérité,
mon chapiau s’envole.
Je le ramasse dans le pré :
les vaches rigolent.

***


J’ai porté l’achillée rabougrie, la ronce et le millepertuis en train de sécher
jusque sur ces terres sacrées
par la lutte de tant d’ami-e-s.

Kyrie eleison, notre dame des Landes !

***

D’où tu pars, où tu vas ? Partout c’est chez nous :
de chez moi à là, eh gars ! ya qu’un pas.

(Les filles aussi s’égarent et sont égaux, non ?)

Tous les sentiers tournent en rond.
La seule lumière, c’est les lampions
qu’on promène à un mètre et quelques d’la Terre.

***

 

Le poème en entier est là donc
https://lesuperflux.fr/jeu-poesie/faisant-chemin/

Un collectif qui a lieu

J’ai déjà parlé sur ce blog de ce lieu collectif, « éco » ou « tiers », que j’ai contribué à initier depuis 2013 et qui poursuit son bonhumain de ch’min en 2020…
Le site internet de l’Aronde est cassé ces jours-ci, alors je ne peux plus renvoyer dessus pour en donner un première idée. De toutes façons il n’était vraiment plus très à jour… nous ne sommes pas des fondu-e-s d’internet et des nouvelles technologies, pour l’heure dans ce collectif (ce pourquoi la page facebook n’est pas très alimentée, elle non plus). Ainsi, le réparerons-nous ? d’ici l’effondrement du net, je veux dire… inch’allah !

Alors en attendant, et aussi parce que ça concerne directement les sujets que je traite par ailleurs dans ce blog, je (re-)publie ici tous les documents qu’on trouvait sous l’onglet « Collectif » du dit-site : contributions à une anthropologie pratique des lieux collectifs, recherche-action à laquelle vous êtes tou-te-s bienvenu-e-s pour contribuer en adhérant à l’association (et alors le rôle com’ réseaux vous inscrit direct à la lettre d’infos), voire en passant sur place pendant les chantiers d’été ou les diverses convergences (bals, soirées contes, plans jeux, rencontres d’habitat partagé, etc).

Ce texte présente l’histoire ancienne de l’Aronde et les premiers éléments d’organisation collective : architecture relationnelle jusqu’en 2018 !

Ensuite, avec le nouveau collectif rassemblé fermement là, nous avons écrit une « charte » : charte de l’Aronde avril 2019, avec la conscience que c’était des intentions, et qu’on en était pas encore à la respecter vraiment, mais bon c’est déjà ça.

Pour compléter, on a aussi écrit un texte qui dit en quoi l’Aronde est un bien commun : aronde bien commun…

Et tout récemment, j’ai raconté les derniers épisodes, en demandant à tout le monde de m’aider à faire les corrections : Aronde journal du collectif hiver 19-20.

Voilà, on en est là, et même un peu après… ça continue ! et quand yaura vraiment du nouveau, je le publierai peut-être à nouveau par ici.

IMGP0021

« Sociocultures » : parution !

Ayé, c’est un livre pour de vrai maintenant.
Avec du papier, un code-barre, tout tout. Bientôt le dépôt légal.
Merci à tou-te-s celles et ceux qui ont soutenu cette aventure jusqu’à la première impression !
Merci aussi à qui soutiendra les prochains épisodes (diffusion & réimpression rapide ? amélioration graphique et éditoriale ? traduction dans 26 langues ? je suis ouvert à tout :^)

il est sorti weeyyyy

Le contenu est (presque*) exactement le même que celui disponible ici toujours en CC-by-sa einh, mais c’est quand même tellement plus confortable de lire sans consommer d’énergie fossile ou nucléaire (et que celleux qui sont chez Enercoop’ ou autre 100% renouvelable pensent à l’énergie grise des réseaux de cables et de leur-s computeur-ordinant :^)
(ok l’impression a consommé de l’énergie aussi… mais plutôt moins : en tout cas, c’était local et sympa ! merci )

Je peux l’envoyer ou le déposer sur ma route… J’ai mis ici en ligne un système de paiement pour le don correspondant – tu peux m’envoyer un message par ailleurs aussi ou bien juste cliquer et remplir le formulaire**.
C’est en participation libre et consciente, bien qu’il y ait des coûts fixes et un prix indicatif au titre du Prix Unique du Livre (et si tu es vraiment fauché-e, n’hésite pas à en parler dans les collectif où tu croises ! :^)

Lire la Suite

Journal d’un confinement (extraits) : suite et fin.

Je publie de nouveau ici ce qu’ont écrit les ami-e-s (les 11 premiers jours sont là). Il semble bien qu’iels en aient fini, sous cette forme-ci en tout cas !

***

Jour 12

On a rien écrit mais par contre on a reformulé / corrigé Jours 1 à 11 pour publication sur le blog de Nama-S…
Enfin on a fait ça au jour 13 mais bon là ça change rien de pas le dire ou de le dire comme ça.

Jour 13

C’est parti encore pour des semaines.
Forteen days : comme le morceau de Dave Bruebeck, la passion du Christ et la sortie d’Egypte. C’est ton père qui nous le signale, lui qui n’a pas oublié sa culture chrétienne – lui qui ne l’a pas même trahie peut-être. 40 jours !

On parle cinéma parce qu’on cherche un film qui serait bien à regarder à 7 (voire 8 avec Y. maintenant qu’on a remis ça à plus tard) dans le polycule, euh pardon la famille recomposée…

Tarantino : ça marchera pas (on part plutôt sur un truc genre « migrateurs »)… que cette société tolère ça, ne se pose pas des questions sur des films comme ça, c’est ça le problème. On s’étonne qu’après il y ait des pervers, des violeurs et des psychotiques. Si le cinéma était cathartique, comme il l’est parfois ça irait. Mais quand il est dramatique et qu’il célèbre ou naturalise l’horreur, il est juste mauvais. Le septième art bourgeois a continué à faire ce que la poésie ou l’architecture des élites de merde (pardon pour la « décharge facile »…) faisait déjà depuis longtemps : asseoir ses systèmes de domination, cultiver les détresses. Les couleurs de Gray, c’est des nuances de gris. Triste camaïeu.

Si tu as le choix entre vendre ton corps et faire du cinéma ou ne pas vendre ton corps et ne pas en faire, tu choisis quoi ? Triste choix.

Bah yen a qui faisaient pas de sport avant et maintenant ils en font tous les jours. Deuxième effet kisscool du confinement.

Tiens tiens, oui. Le placement de marque, c’est exprès ? Bon, passons.

Ya un de ces vents froids aujourd’hui ! On a fait la balade du tour du bourg du coup, pour pas trop se les peler. Et on a fait l’amour dans les genêts, c’était trop bien. Merci Renaud.

Yavait pas un chat, on pourrait mettre ça dans les « conseils pour bien vivre son confinement en couple » : allez faire l’amour dans la nature, ya personne dans les environs pour te faire chier, et sinon tu fais semblant de tousser.

Et si jamais les flics t’arrêtent, tu dis « ben quoi, on faisait notre activité sportive ! »

Lire la Suite

Écologie profonde (#0) et Travail qui relie

L’écologie profonde, c’est peut-être ce qui a lieu entre nous lorsque nous nous arrêtons en silence pour écouter le murmure des forêts… et que nous entendons alors « la terre qui pleure » comme dit Thich Nhat Han.
C’est peut-être aussi ce que fait la Terre elle-même avec nous, lorsque nous lui donnons tout notre amour, perché-e-s au sommet d’un arbre ou concentré-e-s derrière un ordinateur.

Le Travail qui relie est un ensemble non-circonscrit de pratiques collectives d’écologie profonde. Il y a mille et une façons de le présenter et de le vivre*.
Le livre de référence en français, co-écrit par Joanna Macy et Molly Brown, s’intitule Écopsychologie pratique et rituels pour la terre, et il a été ré-édité récemment au Souffle d’or avec une nouvelle préface collective de praticien-ne-s francophones.
J’ai enregistré en 2018 une vidéo pour présenter cet ouvrage… je ne dirais sans doute plus certaines choses comme ça aujourd’hui, mais ça peut peut-être encore servir.

Sur ce blog, j’ai publié aussi trois articles sur le sujet :
> le premier qui reprenait un article de murmure des forêts sur les émotions
> le second qui propose une réflexion sur le langage, les milieux et la facilitation (éléments que j’ai repris ensuite ici ou là dans le traité Socioculture)
> le troisième qui partage un certain nombre de ressources qui peuvent être utiles à tou-te-s pour certaines, même si c’était d’abord dans l’idée de partager ça avec le réseau de co-facilitation en écologie profonde (un champ qui se prête mieux à l’expérimentation collective et au partage en équivalence qu’à la formation traditionnelle, à mon sens, en passant – et même le mot d’animation n’est pas vraiment juste, sans doute, pour un chemin où l’on a surtout besoin d’être accompagné-e – ou parfois, guidé-e).

Au risque d’avoir l’air d’insister, je partage de nouveau ici enfin le document « 5 principes d’un rapport sain à l’émotion », qui résume des théories dont la juste compréhension me semble indispensable pour bien accomplir cet ouvrage.

* En voici une autre, brève aussi, qui reformule des éléments du site de Terr’éveille.
À noter que l’ouvrage qui relie consiste globalement à accompagner le passage du niveau vert au niveau jaune de la spirale dynamique… mais il ne s’attaque pas toujours très directement à ce que Ken Wilber appelle la « boomerite », d’autres l’égo spirituel ou le sentimentalisme.

Le travail qui relie (the Work that reconnects) est un ouvrage en groupe permettant d’écouter nos sentiments desespoir ou d’impuissance face à l’ampleur de la crise écologique et sociale. Il allie les dimensions corporelles, émotionnelles et spirituelles à notre compréhension rationnelle du monde et à notre implication dans l’action. Les exercices pratiques et les expériences qu’il propose nous aident à transformer notre inquiétude en engagement créatif. Il contribue à l’émergence d’une « éco-conscience ».

Ressources de reliance (écologie profonde #3 / critikreso #1)

Bienvenue, congénère !
Je partage ici quelques ressources qui peuvent servir la reliance, et plus spécifiquement l’animation du Travail qui relie. Dans ces temps de trouble, notre réseau des tempêtes a tout intérêt je crois à se consolider et à s’approfondir, à se faire confiance et à se critiquer avec sagesse, à s’inspirer de pleine conscience (« vipassana », soufisme et autres) mais aussi et surtout de co-écoute émotionnelle et de justice restaurative (sans parler de tous les cercles et réseaux qui peuvent contribuer à nos systèmes de soutien, de l’équipe de foot du village au mankind project ou aux colibris, en passant par la Zad du coin et ).

Ce texte est une reformulation d’une traduction de Jonna faite par l’équipe de Terr’eveille (qui ont aussi mis en ligne une bibliographie étoffée) : Principes fondateurs du Travail qui Relie 3 (… l’image n’est peut-être pas libre de droits, désolé ! et en plus elle est peut-être trop sexy ? Je la corrigerai à l’occasion !)

Ici, j’ai reformulé la même source, transmutée par Roseaux dansants puis revisitée à l’aune de la co-écoute : 5 principes d’un rapport emotion (et c’est ce texte aussi qui est dans l’annexe « états et équilibres fondamentaux », et dans le chapitre 2 j’approfondis ces processus émotionnels plus en détail, en présentant en particulier le lien très particulier qu’il y a entre la peur et disons « l’amour », ce qu’est en fait la joie et les risques qu’il y a avec ça*)

La partoche et les paroles de la danse de l’Orme (pour d’autres danses chantées en cercle, voir les danses de la paix universelle), audible ici (je sais pas comment la partager en téléchargement sur wordpress…) :

Trois textes bienvenus à partager en atelier : le conte « Le Cinquième rêve« , le message d’un Hopi Elder, et la « 3ème Revolution » de Fred Vargas. Entre mille autres bien sûr, mais bon.

Des citations inspirantes à scotcher / patafixer aux murs des toilettes sèches de la salle de travail (pour une fois j’ai mis un .doc, pour que tu puisses en rajouter facilement dans le même format), et la chouette infographie de Tatoudi sur l’écopsychologie.

Et enfin deux docs en anglais qui peuvent servir pour les facilitateur-ice-s : des bonnes questions préalables à se poser (et qui peuvent aider à formuler celles qu’on propose aux groupes) et un petit check de compétences.

Enfin, ci-dessous un extrait de la fin du traité Socioculture, qui parle du réseau de facilitation en Travail qui relie.

TQR CNV avril 2020 visuel

Lire la Suite