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L’intime et les Communs

L’intime et les Communs ? J’aurais pu appeler plutôt cet article « Mon cul : carrefour dialectique », mais je ne cherche pas à vendre ma prose à Nexus ou aux France soirs… Ça ne marcherait sans doute pas d’ailleurs : les liens que je fais en général ne sont ni sensationnels ni politiquement (in)corrects, ni mainstream ni gauchos, ni tendance ni atypiques. Enfin, j’exagère peut-être : ça arrive et peut-être pas qu’à la marge.

En tout cas, les liens entre les transformations personnelles et collectives se font heureusement partout et de toutes parts – même si intellectuellement, ça s’éparpille un peu ces temps-ci parfois, me semble-t-il. Et pourtant nous avons besoin de théories solides ! Quand les pratiques basculent.

Dans cet article théorique-ci, je ne vais certes pas aborder pour de bon « le sujet de mon cul » – à proprement parler, lol : est-ce un sujet ? – mais je vais évoquer mon quotidien quand même. Peu importe qui est ce « moi », au fond : un « personnage », comme on dit dans les chemins d’éveil… une pionne dans la Jouance, un masque dans un drame, un-e humain-e sur la planète, du côté blanc de la francophonie, à l’ouest dans son pays : basta ?

(j’en ai eu une plus roots dans le même style, mais je remets pas la photo dessus)

Depuis quelques semaines, j’ai un problème de voiture. Avez-vous remarqué, vous aussi, que les difficultés que nous rencontrons avec les machines les plus proches de nous – autos, ordis, portables, télés pour certain-e-s voire brosse à dent électrique ou perceuse sans fil, selon les cultures singulières… les difficultés que nous rencontrons avec ces accessoires sont symboliques des affections de nos âmes – de même que les maladies du corps !?

Un ami me racontait qu’il avait eu un problème d’arrière-train sur sa 306 (certes aussi « la maladie des peugeot* ») en même temps qu’il guérissait d’un lumbago. Une après-midi, j’ai prêté ma « noirose** » à une amie qui a eu aussitôt une panne de batterie incompréhensible et sans suite : elle n’avait rien laissé d’allumé pourtant ; et en rentrant chez moi, elle démarrait de nouveau au quart de tour. Un autre cousin m’a dit qu’il avait roulé des dizaines de milliers de bornes avec une merco que deux garagistes avaient certifiée sur le point de mourir (la caisse, pas les garagistes).
Combien de fois des galères de moteurs ou des rages de dents se soignent toutes seules à l’approche des roulettes du dentiste ou de la mécano ?

Ce genre de lien peut se vérifier aussi, je crois, pour des outils plus traditionnels – du moins pour qui s’en sert autant que des technos, y met son cœur, etc. Mais l’électronique de pointe – qui hélas a envahi aussi les voitures, plus ou moins et même les vieillottes déjà à l’heure qu’il est – c’est quand même plus sensible que la bricole : et donc les messages, non moins directs et lisibles, sont parfois encore plus immédiats.

Moi aussi j’ai une peugeot – **j’ai peinturluré en rose sa sobriété un peu déclassée* – avec un cœur sur le réservoir et un A qui ressemble plus à celui d’anarchie que de jeune conducteur, même s’il est au même endroit – un yin-yang, un triangle et une échelle dans la lune attendent leur tour. Depuis quelques semaines donc, elle peine dans les côtes. Même sur certaines quatre voies ça m’arrive de ne pas parvenir à monter à plus de 60 pied au plancher, quand je m’y prend mal.

On peut déjà voir le diagnostic, en gros : ouhla, pas trop vite pépère, tu vas te faire du mal ! En même temps, dans la descente, ça remonte sans problème à 120, indépendamment des limitations de vitesse. Hmm, des hauts et des bas dans ta vie peut-être ? On dirait oui que ça continue par là aussi. Je maintiens une bonne moyenne einh, mais selon la pente c’est pas la même vitesse à l’instant T. Affinons ?

Le camarade garagiste de la Ville gourio, que j’attends en écrivant ceci, m’a diagnostiqué en branchant sa compute à ma carte-mère un problème de débimètre d’air. J’ai acheté la pièce sur ibeille – étonnamment associée par erreur à l’eau, d’ailleurs. Hmm, s’agit-il donc plutôt de l’émotionnel ou du relationnel ? Les deux, ma généralité !

Tantôt en roulant vers le sud, j’ai fait un nouveau lien.

Mes « problèmes persos », je les avais diagnostiqués du côté de l’hystérie schizophrénique (ou l’inverse) avec une singularité bipolaire systématiquement biquotidienne – borderline cyclothymie mais non – attends ya une tendance parano quand même les jours volcans, là, tu la vois ? Yin ou yang, ça défrise la frontière névrotico-pathologique… Bon ! J’ai renoncé aux catégories psys décidément insatisfaisantes…
Mes « problèmes persos » sont en tout cas pour sûr liés… aux autres, au sens large. Aux Autres mêmes, allez !

Ce que d’autres amis plus vieux et proches encore m’avaient suggéré ya belle lurette, sans attendre ni mes pannes d’auto ni mes pires crises. Comme quoi on peut faire confiance aux ami-e-s ! On peut faire confiance aux ami-es au moins autant qu’aux bonnes théories (je pense en particulier à la co-écoute, mais aussi aux ouvrages de Nama-S :^)

On peut faire confiance aux ami-e-s… bien davantage qu’aux mauvaises théories ! Catégorie où je tendrais à ranger à présent toutes les psychanalyses, même si je ne doute pas qu’il demeure de très bon-ne-s psychanalystes ! → justement celleux qui font davantage confiance à leur expérience clinique qu’à leurs théories, hihi.

« Mes problèmes personnels sont liés aux autres » : banalité ! Difficile de trouver une situation plus commune, non ? Après ou en même temps que de recevoir tous les soutiens dont nous avons vraiment besoin, tournons-nous donc vers nous-mêmes, puisque*** les problèmes sont liés aux autres (haha) ? Pour regarder de plus près mais… « où, en fait ? »

Car si je me contente de tout rebasculer sur « les autres » en général, sans aller assez profondément voir « en moi » ce qui bugue – et quel-le-s que soient les autres en question – au fond, je perds mon temps – voire, j’épuise les nôtres.

En effet vers qui de nous se tourner ? Mon cheum, ma femme ? Les compagnon-ne-s font bien ce qu’iels peuvent. Mes parents, encore une fois ? Allez, iels ont drôlement vieilli-e-s depuis, on va continuer sans elleux. Mes enfants, pour changer ? Tu parles, laisse les vivre, laisse-venir, lâche-prise ! D’autres humains de mon entourage ? Tu tiens vraiment à faire le vide on dirait…
L’humanité ? Mais je n’envisage plus sérieusement ni le suicide ni l’ermitage, quant à « moi » – ni même de restreindre (encore plus) drastiquement mes compagnies, en l’état. Des êtres invisibles ? Ouais, allez : ya surement un-e chaman-e qui sera heureux-se d’accompagner ça à son tour (→ penser à (re-)lire le Horla, au fait), si « on » en a les moyens. D’autres ennemi-e-s encore, avec qui faire la paix ? Ou d’autres ami-e-s aussi qui œuvreraient plus ou moins inconsciemment à une trahison, en mode confouturiste (Guillemand) ?

Pourquoi pas en effet ? Mais pourquoi pas aussi se l’épargner, si c’est inutile.
Les fantômes du passé (ou du « foutur ») ne résonnent qu’avec les souffrances du présent. Attaquons-nous y donc, à ça (pour aller résolument et en puissance vers le « futé » qui nous conviendra le mieux). Comme disait Sylvain dimanche : « je ne suis pas obligé de souffrir de souffrir ». Si souffrance est là, accueillons-là comme il se doit : aussitôt qu’on lui fait la place, elle change de nom, pas ?

« Parle à mon cul, ma tête est malade » : avec cette idée bien française, nous pouvons soigner une certaine des problèmes psychologiques léger. En veillant à ne pas trop dramatiser dès qu’une émotion s’exprime, nous pouvons soigner tous les autres avec une écoute profonde et bienveillante.

Parfois encore, les institutions hospitalières peuvent servir aussi pour regagner de la « santé mentale », de l’équilibre – lorsqu’il y a des menaces pour les corps par exemple et que l’entourage ne sait plus les accueillir : parfois on a juste besoin d’être intégralement pris-e-s en charge, et ya pas moyen ailleurs… hélas.

Ça m’est venu en grimpant la côte au ralenti tantôt : comme d’habitude j’avais mon petit cortège d’automobilistes plus ou moins énervé-e-s ou patient-e-s à suivre. « Lâche mon c… », ai-je dit à voix haute, prononçant ce mot si essentiel à notre vocabulaire qu’on ne lui a donné que trois lettres et qu’on en prononce que deux – un luxe qui n’est réservé qu’aux véritables fondamentaux. Genre quoi ? La vie. Le vît, aussi d’ailleurs – mais alors lui est franchement vintage. Le vin ni même l’air ne marche dans cette catégorie : on prononce tout. L’ère le fait en revanche, et l’âme aussi. Eau fait exception car on pourrait l’écrire en une seule lettre.

  • Mais lâchez donc mon cul, peuchère ! avec vos mots et vos alphabets…

Ça m’a sauté à l’oreille alors, forcément, comment les verbes lécher et lâcher se ressemblaient : lamed-shin, et juste une mem par derrière quand il s’agit de « moi », héhé : lumineux, flambant et … drôle ! Comme souvent dans notre langue incroyable, carrefour des cultures du nord, de l’est et du sud et de l’océan, la contradiction s’invite, carrefour dialectique, carrefour de mon cul !

« Appartenir » : tenir à part…

« Sans doute » : eh, c’est qu’il y en a un, un lièvre,
unE loup-ve dans la forêt, dans la galette une fève !

« Lâche-moi, non : lèche-moi, oh wé » : Eh bah, héhé,
sais-tu ce que tu veux en fait, compatriote ?
… les fesses ou bien les bottes ?

Pour la plupart de moi le choix est accompli je crois, je préfère les soupirs que le bruit des étriers, et puis surtout le débimètre est remplacé : je vous laisse démêler librement les derniers paradoxes qui traînent par là… si yen a.

« Mais garçon, pourquoi ce titre l’intime et les Communs, si c’est pas pour faire le buzz ?
« – Ça n’est pas encore clair ? Quoi de plus intime et de plus commun qu’un derrière ?
Quoi de plus singulier que l’être, quoi de pluriel que ce qu’iels en partagent ? »

Allez, un petit dernier verre (hareng) vers-é-t, reformulé d’un recueil de contes taoïstes (merci Henri), pour « nous » apprendre – inch’allah – à ne péter ni trop fort ni trop bas :

Aussi haut que grimpe le singe sur la montagne, oh :
son cul est toujours
tout près(à la fois de son sexe et) de son dos.

Jay Hanuman ! Jay jay Sita Ram !
Jay jay Hanuman !

Mais où est-ce, en Asie ? Je serais curieux d’y mener mes pas un jour – ou peut-être une nuit.
« Dis-le-nous donc, dis » (Minvielle), en commentaire de l’article ?

* Peugeot : une marque – en fer blanc.
206 : un modèle… un numéro, parmi tant d’autres.
Noirose : une individualité, numérotée itou mais inclassable – quoi qu’un brin surannée ? Non non, changeons l’egregor : elle roule du feu de dieu !
D’ailleurs en parlant de totems, le lion debout du logo est lui impérissable… cf. Sapiens (dans le tome 1 de la bd) (j’ai pas lu tout le livre d’Harari, mais je sais que je ne suis pas d’accord avec tout – pour l’instant du moins et jusqu’à preuve du contraire ! :^)

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