Aller au contenu principal

*Hippie punk new-age queer*

Parmi mes connaissances, je constate avec effroi qu’il y a comme une scission entre deux grandes catégories : allez, n’ayons pas peur des étiquettes ! C’est les soldes totalitaires de toutes façons en ce moment.
C’est pas une histoire de sexe (quoi que) ni d’origine sociale (encore qui), ça se joue même avec des personnes du même âge et qui cohabitent dans les mêmes patelins, voire issu-e-s des mêmes familles ! Des sœurs et des frères en humanité consciente pour ainsi dire, et cependant, et pourtant, que de conflits, de luttes et de chapelles !

Je vais brosser un rapide portrait des deux clans, mais je t’en prie lectrice-eur, ne me prends pas trop au sérieux. Imagine que je prends – un peu comme Yannick Jaulin avec ses beurre-salés et ses-gens-du-plateau – la voix du clown, et que je n’identifie personne à rien. Cependant… oui cependant « on » discerne très nettement – et toi-même si tu me lis tu n’auras pas de mal à te ranger plutôt dans une des deux cases que dans l’autre, ou bien ? – ces styles bien distincts : alors pourquoi ne pas jouer à la nommer de façon réductrice, « comme il se doit » ?
Ça mange pas de pain, d’abord et ça peut faire sourire…

Et puis, j’ai pris conscience récemment que pour supprimer les frontières, une stratégie efficace pouvait être de les multiplier à l’excès.
De même qu’une élection présidentielle où il y aurait plus d’une centaine de candidat-e-s témoignerait de la farce absurde qu’est devenue la république ! et pourrait mieux conduire tout un-e chacun-e à questionner la représentativité d’un état et d’un-e chef-fe dans un tel melting-pot, voire – en suivant la même idée – les principes même de nation et de démocratie en général… De même, le fait de jouer à sur-catégoriser sape -peut-être- l’herbe sous le pied des *ultra-libéraux* qui cherchent à désamorcer les charges subversives *anarcho-communistes* en les faisant passer pour *islamo-gauchistes* (alors qu’elles sont bien plus *socio-radicales* que *religio-extrêmistes*) voire pour *complotistes* – allons-y franchement – or à tout prendre, le *libertarianisme à l’américaine* vaut bien le *capitalisme à la chinoise* : ni plus ni moins, si vous voulez mon avis. Fi !
Laissons donc l’aigle et le condor s’entre-déchirer : frayons avec les buses et les vautours.

Donc à ma gauche j’ai nommé : les *hippies-queer* !
On ne les reconnaît pas toujours à leurs habits, quoi qu’assurément iels aiment encore les cheveux longs dans le vent et les tissus à fleurs – voire un voile de kashmir sur la tête et rien d’autre en dessous, quand il fait chaud…
D’ailleurs sans parler du vêtement, pourquoi s’encombrer de tous ces autres objets ? Les hippies queer, au fond, n’ont besoin de rien, et c’est pourquoi iels sont fasciné-e-s par le respirianisme (plus rien manger : trop bath), les baignades au cœur des forêts sauvages, l’amour sans godemichet, les paniers d’osier, la permaculture traditionnelle et toutes sortes de méditations.

Pace i forzamor ! Lâche les choses ! L’inconvénient d’être en mode anti-industriel quand on n’a pas encore tous les savoir-faire artisanaux, bon c’est que ça arrive qu’on y perde un peu beaucoup en confort – retours à la terre et à la bougie, comme aiment à les charrier les voisin-e-s conventionnel-le-s – et puis bon, bah, bien sûr, on fait quand même des p’tits compromis einh… mais on y travaille ! de toute notre âme, entre deux séances d’écoute de soi et les prières pour la Terre.
Les hippies-queer sont le plus souvent hétéros et parfois légèrement transphobes, mais comme leur nom l’indique iels ne sont pas franchement cis-genre non plus : non pas que ce serait trop simple – car la pureté est une vertu ! Mais ce serait trop conformiste en revanche, et surtout ça sent le Féminin et le Masculin blessés. Pour épanouir tout ça, iels aiment tellement la danse et ce genre de pratiques sensorielles, émotionnelles et polymorphes que forcément … les limites des corps ont été explorées – mais avec bienveillance ! On a bien vu que l’équilibre yin-yang passait aussi par là, et c’est fou ce que le corps peut faire (d’ailleurs qu’est-ce qu’on en prend soin ! et ça n’empêche même pas d’aller en plus encore chez le psy, mais passons)

Le problème avec les autres là côté militance, c’est qu’iels n’ont pas arrêté l’alcool et la cigarette : iels ont un problème qu’iels ne veulent pas regarder, et ça attire sans cesse des situations de violence.
Mais bon : on peut parvenir à se rejoindre, à condition de faire attention aux questions de langage et d’organisation – pour rester inclusif-ve-s et que le cercle tienne.

Aha, et à présent je me tourne de l’autre côté, à ma gauche aussi : les *punk-new-age* !
Vivent plus souvent avec des chattes qu’avec des chiens désormais, quoi qu’iels aiment bien les deux. Iels savent apprécier, aussi bien, la « nature » et les « bonnes énergies » : iels ne voient aucun inconvénient par exemple à passer un bon vieux tracteur dans un champ d’orge par exemple… et savent équilibrer ensuite le malt et les houblons pour aller avec.
Iels respectent plus ou moins la diversité des cultures et du terroir, selon qu’on arrive à faire la fête ensemble ou sinon, basta ! chacunE fait bien ce qu’iEl veut, du moment qu’y sème pas trop de saloperies. Les gros enjeux, c’est pas tant juste à nos portes : on accueille des réfugiéEs, on se relaie sur les zads, on a pas trop le temps de gérer les petits problèmes d’ego là, si tu veux.

No pasaran ! No border ! Du coup bon, c’est vrai que ce serait bien d’apprendre mieux l’espagnol et l’anglais et puis de lire tous ces bouquins d’histoire et de socio, pour être raccords quand on accueille les zapatistes et quand on cause d’éducation populaire. On bosse là-dessus, avec (cou)rage dame ! entre deux sessions de musique et les happenings en manifs.
Pareillement passionné-e-s des questions de genre, les punk-new-age les abordent en mode plus politisé et avec conscience des souffrances réelles qui vont avec : sans cette facheuse tendance à l’essentialisme qui caractérise les hippies queer (bon des fois ya une non-moins-fâcheuse tendance à la dramatisation par contre… mais passons)

Leur problème à elleux là côté cœur, c’est qu’elles se regardent un peu trop le nombril surtout, et puis que ça les plombe dépressif-ve-s, au point de plus savoir rigoler avec les vieux copainEs ou les mômes sans prise de tête.
Mais bon : des fois on arrive à se retrouver, quand on passe pas des heures à causer pour savoir ce qu’on fait et qu’on s’y met pour de bon – en mode agile quoi, on ajuste.

Héhéhé… alors ça te / vous parle ? tu vois où nous sommes, toi et moi ?

Puissent ces petits portraits brossés à l’arrache contribuer à réconcilier ces deux tribus dont pratiquement tou-te-s mes ami-e-s font partie.
Comme leurs noms l’indique, ya déjà des efforts accomplis pour aller à la rencontre : du fait d’être queer, on est forcément un peu moins babas et un peu moins cool peut-être (au risque d’être smart et de manquer d’empathie) avec tout ce qui va de travers quand on saisit les grandes lignes new age, on voit bien que le problème c’est pas tant le Future que le présent et la colère qu’y a dedans – sans parler des trans-humains qui n’ont plus grand chose d’LGBT. Dans les deux cas, « on » a gagné déjà en sensibilité – de ce qui nous importe, nous lie et nous sépare… et en compréhension – de ce que vivent les *sœurs* ou les *cousins* là-bas dans « leur » banlieue ou dans « leur » squat-non-mixte, de ce qui se passe pour les *camarades* ou les *allié-e-s* là-bas sur « leur » bord-de-zone ou dans leur collectif paysan.

En vrai, bien sûr *tout ça* n’existe pas : de même que nous sommes tou-te-s amoureux-ses, artistes, jardinier-e-s, artisan-e-s et soignant-e-s, nous sommes tou-te-s aussi les hippies punks new-age queers qui cherchent comment marier le vert, le rouge, le blanc et le noir, le chemin de la tribu arc-en-ciel, la façon de construire des communes libres, autonomes et conscientes.
Du moins, en posant ces intentions j’en fais la demande à l’univers – mince, wallah ! je me suis grillé·e sur mon appartenance (^;

Y aurait-y du classisme caché quand même dans cette opposition ? genre « issu-e-s de la bourgeoisie d’un côté, de la paysannerie et du prolétariat de l’autre, les classes moyennes et les transfuges se démerdant comme iels savent *si bien* le faire ? ça se pourrait, ma doué !

** Ya tellement de présidentiables de nos jours que j’ai reçu un mail de l’un-e d’entre elles (sur ma boîte, sans savoir comment elle a eu mon contact) et le plus drôle : quand j’ai répondu, avec une certaine brutalité je le reconnais, elle m’a répondu de nouveau.
La future présidente de la république me parle ! « Nan nan, tu le crois, ça ? » comme dirait Philippe : mes correspondances ont pris du galon (^; mais … elle n’a trouvé chez moi que du mépris. Enfin j’ai répondu de nouveau pour m’en expliquer, avec ce que j’appelais naguère de la veillance… et à suivre : qui sait ?
C’est vrai que contrairement à moi elle a le mérite d’être une femme, et jeune qui plus est : de sorte qu’elle a plus de facilité à comprendre « l’utilité et l’importance (…) des nanotechnologies » (sic : voilà une politique émergente qui a plus de foi que nous dans les possibilités éthiques de la techno-science environnementaliste… heureusement le riche programme sécurité, justice et environnement nous rassure /^:)

Aucun commentaire pour le moment

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :