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Appétissante schizotopie

Aaaah, c’est l’heure du repas des méninges !

Oui, ya de quoi penser d’nos jours ! Matin midi et soir.
Depuis le temps qu’on bâtit des utopies en se méfiant des dystopies – vous savez, ces trucs qu’on lit depuis qu’on est gosses, même si on savait pas que ça s’appelait comme ça : on disait juste « anticipation politique » ou « livre d’horreur » ou juste « cauchemars un peu trop crédibles » – et voilà hop qu’on se retrouve les deux pieds dedans, concrètement : c’est maintenant !
Euhhh mais attends on a bifurqué de quel côté du rêve finalement ? Les deux, mon camarade.

Comme dans Bâtir aussi (iEls disent « utopies ambigües »), le monde présent n’est ni blanc ni noir, ni même en nuances de gris, mais un sacré mix fractal de toutes les (non-)couleurs de l’arc-en-ciel.
Comme dans le petit conte traditionnel de sagesse, on peut se demander « Mais quels louves survivront ? »
Réponse : celles qui ne mourront pas de faim, d’ennui ou d’amour (c’est-à-dire de désespoir : voilà tant d’années, tant d’années que nous sommes resté-e-s coincé-e-s au mois de mai !).
Nourrissons la paix et la conscience encore, aussi pété que ça puisse sembler à certaines heures.

Métro boulot dodo a été remplacé depuis belle lurette par Télé poilée becquetée : en gros pareil, mais clarifions / l’essentiel… c’est d’avoir à bouffer !
Quelle autre question se pose, à l’humainE prisE par les tripes ?
Comment trouver à / ne pas se faire / apprécier ce qu’on nous donne à **bouffer** ?

En français, il n’y a pas de mot qui remplace bien le mot bouffe.
Le verbe manger marche bien mais son substantif bof. L’alimentation ne vaut guère que son pesant de matière, et la nourriture se fait trop souvent spirituelle. La mangeaille c’est pour les gueuses et la manne pour les lettré-e-s et la pitance : délectable itou. Les mets succulents pour les gourmands et les bourges bons vivants. Certes on peut toujours prendre un repas en cuisine, mais ça ne dit pas tout – et tambouille ou victuaille c’est trop rouillé pour que ça m’aille.
Bouffe est toute proche aussi du son de bouche : ouf. Et si grossièrement balancé vers le clapier / hors du gosier… Troué, vaginé, réceptacle au viol et au spectacle : mon corps à nourrir !?!
Foodporn, becquetance, images rances & violents aliments non consentis, ça suffit ! Mon corps n’est plus d’accord depuis qu’ya un esprit.

Beaucoup de congénères aujourd’hui – et depuis que je me suis engagé en éduc’ pop’ ya vingt ans déjà – me semblent trop pauvres symboliquement surtout, comme si l’abondance matérielle était corrélée à un dessèchement insubstanciel – plus ou moins net selon les milieux mais au fond partout pareil… une certaine aridité ou plutôt un manque d’amplitude culturieuse. Désert, façon de toujours rester sur sa soif*.
« Monoformes » comme dit Peter Watkin, monoculture, monotonie d’une modernité toujours pareil, ni pensée ni unique : triste sirop édulcorant, diversité d’écarts-types sans variations, mer d’huile sans soleil, glutamate & piquant sans nous le vrai sel de la terre… Piscine artificielle : pas faire trop de vagues. Je pourrais en tirer un poème long et fade.

C’est pas pour faire mon gros péteux de culturel créatesque.
ChacunE a sa cuture singulière, et j’aurais honte de ressentir du mépris pour les ceusses qui regardent des jeux télévisés ou des (films d’)horreurs sur internet. Le problème c’est pas le train-train – qu’il déraille ou non, qui a un souci avec sa routine quotidienne ?
Le problème c’est pas Métro Boulot Dodo, car ces activités sont nobles au fond :
Le sommeil est traversé de rêves et autres processus organiques ou psychiques chics
Le travail c’est un gros sujet entre laborieux jobs et ouvrages pros mais…
… et les transports ma foi du moins ça véhicule.

Le problème c’est la bouffe, c’est d’être sans cesse nourriEs* et abreuvÉes à l’excès.
Hybris !

Le problème c’est de pas savoir / pouvoir / vouloir / avoir jeûné-r.

La grande abbuffata con Michel, Marcello, Philippe, Andrea, la bugatti i le cane… In italiano, habbiamo « cibo » per bocca i piacere : semplice.

La semaine prochaine, nous explorerons l’autre versant de la plus ou moins appétissante et indigeste schizotopie que nous vivons : **les emmerdes**.

* Heureux celleux qui ont faim et soif de justice, car iels seront rassasié·e·s dit la béatitude (Matthieu 5:6)
En arabe, c’est Ya Nur qui sonne comme ce qui en français nour*rit : la lumière… à méditer ! même sans vouloir se faire respirienNE.

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