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Solidaires et autonomes : le problème du bal masqué

Masque ou pas masque ? Basta* !

Les vraies questions aujourd’hui sont bien au-delà. Je vous propose par exemple ces deux-ci : « De qui, de quoi sommes-nous solidaires ? » & « Où et comment sommes-nous autonomes ? »
C’est-à-dire pour la première : quels risques sommes-nous prêt-e-s à partager, avec qui ?
… et pour la seconde : quelles lois plus justes voulons-nous respecter, au sein de quelles communautés conscientes d’être ?

Ces deux questions sont reliées, car la solidarité et l’autonomie vont toujours de pair, d’une façon ou d’une autre. Exemples tirées de situations personnelles :
– Si je suis trop solidaire des jeunes personnes, je passe mon temps à jouer et à écouter leurs besoins, et je ne consacre plus d’énergie à nous préparer à manger…
– Si je ne suis pas assez solidaire des actions courantes d’un lieu collectif, je m’exclue de fait de la vie de ce collectif et je peux menacer alors une de mes principales ressources d’autonomie commune…
– Si je suis trop autonome dans mes élans créatifs, plus personne ne comprend ce que je fais et tout le monde se désolidarise de moi…
– Si je ne suis pas assez autonome vis-à-vis des autres et de ce qui ne me convient pas chez elleux, je risque parfois de m’énerver et ma solidarité ne fera plus plaisir à personne…

Ces exemples sont bien sûr des pensées qui traversent, émanant de « sous-personnalités », de « parts de moi » : ni vraies ni fausses en soi, et toujours discutables… Je peux y croire plus ou moins, selon les moments. Et c’est comme tout : plus j’y crois, plus ça a des chances de devenir vrai (au moins un peu).

Le « problème du bal masqué », c’est la façon dont cette dialectique « solidarité / autonomie » vient rencontrer la dialectique de la sincérité. Peut-être vaudrait-il mieux parler d’ailleurs la tension dialectique entre transparence et dissimulation, car « sincère » est trop nettement connoté positivement. Mais glasnost et mensonge le sont eux négativement : difficile d’échapper aux jugements de valeurs, sur des notions si communes. Dans la sagesse soufie, ya Batin et ya Zahir, le caché et le manifesté, sont pourtant toutes deux des qualités d’Allah, l’être universel… Bref.

Si je suis authentique en partageant ce qui me tient à cœur, ma vérité du moment, mes « valeurs »… si je « tombe le masque », en nommant les communs où je me reconnais et la façon dont je propose d’y forger nos règles de justice, est-ce que je cours le risque de menacer les personnes et les collectifs auxquels je veux justement m’allier ?
Mais est-ce que je ne veux pas m’allier avec tout le monde ? … y compris les personnes qui me semblent pour l’heure aliénées par des croyances dis-harmonieuses ? Ainsi dire ma vérité, chaque fois que possible, est-ce la seule façon envisageable de lutter contre ce qui me semble être une folie collective, une dangereuse psychose qui nuit à notre espèce et à sa survie tout autant que la folie de ses politiques publiques et de ses normes antibiotiques, depuis tant et tant d’années ? Est-ce que je suis prêt à être sans cesse en lutte ?
À voir : quelle énergie j’ai pour être juste dans l’instant, et « prendre soin de moi » en effet, déjà ? Car si je me fais violence à moi-même, pour sûr je nuis.
À voir aussi : Qui protège qui et quoi quand comment ? Qui a peur de moi, de nous ? Qui cherche quoi par où ici ? Car la violence aux autres aussi est à doser avec soin. Toucher des limites, ça va… exploser toute mesure, non merci.
Selon l’évidence présente (ou la présence évidente), y compris dans ce que l’écoute subtile en révèle, nous pouvons nous adapter. Qui n’a jamais goûté du théâtre ? Qui ne saurait voir comment un masque bien ajusté, le temps d’une danse avec un-e arlequin-e ou un-e anonymous, peut être parfois le juste moyen de faire entendre sa réplique ?
Qui ne voit la beauté et la puissance d’un visage nu ?


* J’ai partagé ma position personnelle dans l’article précédent déjà à ce sujet.
Ce que je peux rajouter ici, c’est que ces derniers temps je rentre parfois ici ou là avec un masque sur le coude, et si quelqu’unE me demande quelque chose je dis tranquillement « Ah, c’est obligatoire ici ? » et alors je le mets (en tentant encore de garder mon nez dégagé).
Bien souvent on ne me dit rien : peut-être que les employé·e·s en ont assez de relayer une exigence qui leur pèse, qu’iels la croient par ailleurs plus ou moins légitime ou absurde. Peut-être aussi qu’iels sont content-e-s de voir quelqu’un leur sourire, surtout si l’argument autoritaire de l’amende trouve réponse dans la possibilité d’ajuster rapidement la situation. Si soudain un bataillon de contrôleurs débarquaient, j’aurais vite fait d’enfiler le costume !
… Et si à cette occasion ou une autre, un débat collectif s’initiait et qu’on veuille bien m’écouter, je partagerais volontiers aussi tranquillement que possible mes points de vue**
… Et ma foi, si suite à ces « échanges de vues » et à l’intervention des « forces de l’ordre » une émeute éclatait j’aurais tout aussi vite fait de poster les photos sur Twitter… Big brother aujourd’hui a bien des petites sœurs, et elles sont tout à fait capables de le fléchir, de l’attendrir ou de le plaquer. Non peut-être ?

** Portant essentiellement sur l’insoumission à l’autorité arbitraire comme principe,
la nécessité d’une réflexion collective large, co-créative et informée sur la santé, la maladie, l’immunité, le risque et le soin (care),
les perspectives historiques qui se profilent pour tous les êtres humains pour le moins incertaines voire menaçantes ici et là (économie mondialisée, contrôles des frontières, biométrie, nanotech, etc.), et l’émergence de tout autres possibles au contraire bien enthousiasmants,
le caractère ubuesque que je pense voir dans les mesures prétendument « sanitaires » – mais avant tout politiques – requises par le gouvernement au mépris des libertés, et relayées surtout par la peur… pas tant de la mort ni même de la perte d’un proche au fond que de l’exclusion sociale – ultime frayeur inculquée dès nos plus jeunes années par un système éducatif, médiatique et psycho-émotionnel à présent fort bien rodé,
et pour commencer l’inadéquation patente d’une stratégie prophylactique fondée sur des gestes qui ne font barrière pratiquement à rien, si ? stratégie si décalée par rapport au mode de transmission d’un virus – X fois plus petit qu’une bactérie même, et voyageant sur des particules aqueuses en micro-suspension dans l’air : ne se soucie-t-il pas d’un masque anti-poussière comme une équipe de foot professionnelle (remplaçant-e-s compris), munie d’une douzaine de ballons, se soucierait d’un gardien de but amateur et solo qui voudrait les empêcher de toucher la baleine derrière lui ? je veux bien qu’ici ou là ça puisse servir einh, mais en gros… bof, non ? et ce qui est sûr, c’est que d’autres pays où de toutes autres stratégies sont en œuvre s’en tirent bien mieux, et sans toutes les conséquences terribles que nous subissons par ici : manque d’air, céphalées, dépressions, suicide, asphixie économique et déficit immunitaire, etc. etc. Sans parler d’esthétique, de coopération ou de spiritualité.

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