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Testaments

Testament d’un amoureux

Je ne veux pas mourir déjà ! Débrouillez-vous, ramenez-moi,
faites-moi rev’nir du côté-là.

La vie est si belle ! Je ne veux pas partir comme ça.

Testament d’une jeune fille

Je me fous de mon corps et je me fous de vous,
je me fous du décor, des bijoux, des valeurs et je me fous de tout,
mais alors Lola toi que j’adore, oui jusque dans la mort tu vois,
je t’en prie couche-toi près de moi encore,
embrasse-moi, embrasse-moi !

Tes mots forts et fous redis-les moi,
c’est la dernière fois, ou non ou quoi ?
Nos vrais noms et les trésors que nous trouvions !
Dis-le moi encore Lola,
l’amour qui ne s’use pas quand on s’en sert,
l’espoir de tout renverser soudain,
la foi dans un monde où on ne meurt pas.

Testament d’une vieille

Chers enfants,
je m’en vais sans me retourner,
je ne regrette rien de ce que j’ai donné,
et j’ai tant reçu que je peux choisir
de n’emporter que le meilleur : vos rires,
le miel maison le soir dans les pisse-mémé,
l’or dans vos cheveux noirs,
le sel de vos cœurs et vos regards si bons.

Quand mes parents sont morts, j’ai bien pleuré d’abord,
puis je leur ai tout balancé : ce que j’avais pensé, et jamais osé dire.
Avec vous on s’est tout raconté déjà je crois, alors…
Vous n’aurez rien à faire qu’à pleurer ?
Et à rire encore, j’espère !
Pleurer votre mère et la vie qui passe.
Sourire à l’idée de ce que je vais sortir là-haut,
vous marrer encore en vous rappelant quand je suis tombée,
le jour où vous m’aviez ramené le piano (quelle classe !)

Jouez-en pour moi, genre un rock-a-billy pas piqué des vers,
pendant que je m’envole, ronde folle, rien d’amer,
avec les anges jolis, leurs fesses roses, leurs auréoles !
Danser avec le ciel, j’ai eu ma dose, oui,
mon âme ne s’élancera pas de travers !

Ici-bas maman, ras-le-bol : c’était bien, voilà, fini !
On se retrouvera dans la lumière blanche,
la même qu’on a vu à la télé, en mieux :
la vraie, la franche, l’authentique de dieu,
celle qui brille dans l’éternité,
jamais troublée de nos détours obscurs,
qui sait qu’il est bien sûr tout notre amour.

Testament d’un vieux

J’ai pas tout compris. Qu’est-ce que j’écris là ?
Mes enfants peuvent bien se débrouiller sans moi ?
J’ai fait de mon mieux, c’est bien assez déjà je crois,
on peut bien m’laisser partir sans tout c’fatras.

Oui d’accord j’ai pêché, le prêtre me l’a dit et le notaire aussi.
Je me suis pas trop dépêché, j’ai joui quand j’ai voulu,
Aujourd’hui on va pas tout compter tout ça, ou si ?
Me reprocher tout c’que j’ai bu ?

J’ai rien vraiment sali de tout c’que j’ai aimé.
Ça m’ennuie votre papier, je ne sais pas quoi y marquer.
Laissez-moi donc y passer, allez, tout cuit, tout vu,
Devant notre bon dieu je me point’rai tout nu.

Ceci sont mes volontés d’maint’nant : Testament d’Amans

Enterrez-moi
en pleurant de joie
(mais qui ça laisse froid-e ne fera pas semblant-che)

Du peu que j’eus dans cette vie, gardez tout ne gardez rien,
je m’en fiche tant que vous vous entendez bien.
J’ai déjà tout donné à ma déesse !

Enterrez-moi
tout nu près d’un bouleau
ou dans une bête boîte en bois
dans un suaire de chanvre brun
ou combinaison des trois selon c’que permet la loi
(croix de fer, croyance de roi, si je mens je vais en enfer)
(ni moi, ni toi, ni roi : que diablement que faire ? rien ! c’est Lucifer qui s’y rend bien)

Dites aux ami-e-s d’ma part en leur lisant ceci,
que ben… j’ai encore raté mon coup moi, il me semble…
Allez, c’est reparti : la prochain’ fois (promis, einh ?)
on ira tou-te-s au ciel ensemble !

Oiseux bonus track : un bout (?) du testament de l’oisif et industrieux François (des) Oiseau-x, tel qu’affiché dans les toilettes d’une Oiselle amie…

« A l’âme qui sait lire dans la mienne et qui en comprend les bonheurs et les douleurs, je veux confier ces mots : à l’aube de mon départ, au crépuscule du sentier que j’ai choisi, je puis enfin affirmer en toute paix que notre blessure en ce monde n’est ni dans la richesse, ni dans la pauvreté mais dans notre dépendance à l’un de ces deux états, dans le fait d’imaginer que l’un ou l’autre peuvent nous offrir bonheur et liberté. Elle est aussi dans le fait de se persuader que le Seigneur a besoin des souffrances des créatures que nous sommes pour leur ouvrir la porte à Sa Lumière.

Notre blessure est enfin de croire qu’Il a lui-même besoin de Se sacrifier sous la forme de Son Fils ou sous une forme humaine pour nous sauver.

Qui nous sauvera hormis nous-même par la pureté de notre cœur !

En vérité, le doux Seigneur m’a montré qu’il n’y avait pas de rachat à faire ni de sacrifice à perpétuer. En silence, Il m’a enseigné qu’il y avait juste à sortir de l’ignorance, de l’oubli… et à aimer. Aimer la Vie sous toutes ses formes et par tous les moyens qui l’embellissent, aimer son Unité en toute chose et en tout être.

Puisse tout cela être dit un jour aux femmes et aux hommes, puisse cela être dit et montré mieux que je n’ai su le faire.

Mon vœu est qu’il n’y ait ni Eglise, ni prêtres, ni moines, ni rien de tout cela… Qu’il n’y ait plus que le Très-Haut et nous, car il appartient à chacun de Le rencontrer en lui-même. »

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